Shakuhachi – 尺八

Denys Rohfritsch jouant du shakuhachi pendant le Nishiki Japan 2026
Denys Rohfritsch jouant du shakuhachi pendant le Nishiki Japan 2026

Signifiant littéralement « 1,8 pied », le shakuhachi (尺八) est une flûte japonaise en bambou d’environ 55 cm.

Le bambou madake, aux fibres serrées et aux parois intérieures épaisses, est le matériau principal de cet instrument à vent qui lui confère un timbre austère et vaste. Les tiges sont récoltées avec leurs racines et chauffées sur des charbons de bois avant de sécher à l’air. Une embouchure (utaguchi) en forme de biseau est ensuite pratiquée et une pièce en corne, ivoire ou matière synthétique y est insérée pour la renforcer. La forme de l’utaguchi permet de définir l’école à laquelle l’instrument se rattache. Triangulaire, elle est caractéristique de l’école Kinko-ryū ; lunée, elle est typique de l’école Tozan.
Moment le plus délicat dans la facture d’un shakuhachi, la perce est de type conique inversée : l’extrémité la plus étroite du cône se situe au niveau de la racine du bambou. Les trous, réalisés à l’aide d’une mèche appelée hanegiri, sont au nombre de cinq, dont un à l’arrière, accordés selon le système pentatonique, sans demi-tons. La finition de l’instrument se fait en appliquant une résine très dure (urushi) à l’intérieur afin de protéger le bambou contre l’humidité du souffle et de rendre la surface interne parfaitement lisse.

Instrument rituel bouddhique, le shakuhachi a été importé de Chine à l’époque de la dynastie Tang (618 - 907) pour divertir les empereurs de la période de Nara (710–794). À l’époque Edo, le shakuhachi est réservé aux moines errants (komusō) qui pensaient que le son de l’instrument pouvait percer le bruit du monde matériel. Lorsque le shogunat Tokugawa brisa ce monopole, les musiciens profanes se saisirent du shakuhachi dont le répertoire s’enrichit alors d’airs folkloriques et de chansons populaires. Différentes écoles apparurent et permirent le rayonnement de la pratique de cet instrument devenu symbole du patrimoine nippon.
A travers son parcours, le shakuhachi évoque aujourd’hui la persistance discrète mais puissante de la culture et de la philosophie japonaises.

Pour la 3e édition du Nishiki Japan, Denys Rohfritsch nous a enchantés avec son shakuhachi.
Formé à l’école Kinko-ryū (琴古流) par Iwasaki Fumio shihan durant son séjour de 15 ans au Japon, il s’est produit dans de nombreux concerts et récitals. Son répertoire s’étend de la méditation aux morceaux traditionnels japonais, en passant par l’improvisation blues.

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