Le kimono aux « 100 bénéfices » (hyakutoku) était un cadeau de naissance traditionnel au Japon. À l’époque Edo (1603-1868), peu de familles pouvaient se permettre d’acheter un kimono neuf pour l’arrivée d’un nourrisson. Une coutume est alors née dans la ville de Kanazawa, située dans l’île de Honshū. Des morceaux de kimonos étaient offerts par les habitants du quartier ou du village afin d’en créer un nouveau pour le bébé.
Un patchwork de motifs, de matières et de couleurs qui prit bientôt une symbolique forte. Ce kimono représentait le lien qui unissait l’enfant en devenir au voisinage et aux proches de la famille qui lui souhaitaient ainsi longévité et protection.
Peu à peu, la coutume s’est transformée en légende : le hyakutoku kimono serait composé de 100 pièces de tissus de 100 familles différentes afin d’espérer que l’enfant acquiert 100 vertus tout au long de sa vie.
Comme tous les kimonos, le hyakutoku était fabriqué grâce au wasai (和裁), une technique traditionnelle de couture japonaise à la main. L’étoffe étant très précieuse à cette époque, elle permettait d’économiser le tissu. Sans patron préalable ni découpe inutile, le kimono était assemblé au point avant pour que le fil cède sous une tension excessive, évitant ainsi de déchirer l’étoffe. Le surplus de tissu était soigneusement replié pour former les marges de couture. Le vêtement pouvait donc être décousu et remonté indéfiniment jusqu’à l’usure complète du tissu. Dans le même esprit, les kimonos pour enfant comportaient des plis stratégiques qui étaient défaits au fur et à mesure de la croissance.
Pour la deuxième édition du Nishiki Japan, nous avons eu l’honneur d’exposer les magnifiques hyakutoku kimonos d’Hiroko Sakamoto. Originaire de Fukuoka, elle a fait des études à l’école de couture traditionnelle de Kimono ASAKUNO et s’est spécialisée dans la confection de hyakutoku kimonos. Pour notre plus grand plaisir, la créatrice a également exposé des masque japonais qu’elle fabrique grâce à la technique hariko (張り子). Dans un moule sculpté en bois ou en argile, les masques sont modelés en superposant des couches de papier mâché washi avec de la colle. Après le séchage, ils sont peints et vernis.
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